CRITIQUES

La Presse 

"…la mise en scène de Patrick Schmitt a donné un spectacle parfois drôle, souvent dur, tout en respectant l’esprit du roman. De leur côté les acteurs, par des mots simples, un ton léger et leur parler si caractéristique ont su faire rire, certes, mais aussi et surtout émouvoir, créant une distance entre le théâtre et la réalité, pas toujours si grande que cela…Les échanges qui ont eu lieu à l’issue de ce spectacle, haut en couleurs et en émotions entre les acteurs, le metteur en scène, les représentants du Mouvement de la Paix et les spectateurs, a montré que même si, comme concluait Birahima sur scène quelques minutes plus tôt, « Allah n’est pas obligé d’être juste dans toutes ses choses », l’actualité internationale en a été une fois encore la preuve en cette fin de semaine avec de nombreux enfants victimes des adultes à Beslan en Russie…"
Journal du Centre dimanche 05 septembre 2004


« De très jeunes comédiens mettent en scène des histoires de vies à la limite du tolérable, avec un humour mordant, basé sur ce qu’on a appelé « la langue de Kourouma ». L’adaptation est d’une succulence heureuse, rehaussée par le jeu des acteurs… »
Fara Sambe, Le Soleil (1° quotidien sénégalais) — 08 mai 2003

« …c’est une mission réussie pour Patrick Schmitt et les comédiens de la compagnie Bou-Saana de Casamance. Sur les planches au Centre Culturel Français de Dakar, avec des mots simples et un ton léger, « la vie de merde et de damné » de l’enfant soldat Birahima nous a été contée. Les musiques sonnent bien, les mouvements sont justes, les dialogues bien choisis… Les personnages, Fati, Tiécoura, Papa le bon et les autres, tous alternent entre pleurs et rires, tristesse et drôlerie. Ici pas d’apitoiement ou de complaisance inutiles. Simplement une histoire vraie… »
Charlotte Idrac, Walfadjiri (second quotidien sénégalais) — 3 mai 2003

«…la distribution nous offre le jeu de maître des enfants comme Birahima (Sidoine Biagui), Fati la fille soldat (Igname Sally Diédhiou) ou Thiécoura magistralement interprété par le jeune Famara Sagna »… Pour ces jeunes comédiens casamançais, il s’agissait avant tout de se faire comprendre. On a pigé. L’Afrique des guerres fratricides, c’est burlesque, c’est tragique, c’est scandaleux et la pièce l’a démontré. »
A.S.G, Le Témoin (Sénégal) semaine du 6 au 12 mai 2003

« Le texte est fidèle à l’esprit du roman et parle vraiment à tous ceux qui ne l’ont pas lu. Les cinq acteurs savent faire rire et émouvoir sans fausse note…Les musiques, bien choisies, et les danses permettent aux spectateurs de garder entière leur attention pour le récit de l’enfant-soldat. La conclusion en voix off enracine la pièce dans la triste réalité des enfants soldats en Afrique et dans le monde. Le public a été vraiment conquis…Voilà une pièce qui sait sensibiliser avec le ton juste et qui donne envie de lire ou de relire le roman de Ahmadou Kourouma »
Jean-Dominique Pénel, Observer Plus (Gambie) le 11/04/2003

« Allah n’est pas obligé porte sur un sujet grave, traité avec distance et sans dramatisation. Patrick Schmitt a d’ailleurs introduit dans la pièce des moments tout en musique et en danse… Sidoine Biagui, interprète de Birahima et jeune comédien a livré une interprétation touchante et sans fausse note »
Adeline Seurat, Le Quotidien (Sénégal) le 3 mai 2003

«  Le cœur du sujet est là, violent, direct et presque insolent mais le traitement de la pièce comme celui du roman reste léger, presque gai, parfois comique. Birahima, petit nègre qui parle mal le français nous permettra de rencontrer Tiécoura le multiplicateur de billet, grigriman et féticheur, Papa le bon, le général religieux psychopathe et drogué, Fati, la fille-soldat et bien d’autres. Il vous fera passer du rire aux larmes aussi simplement qu’il va d’enfant de la rue passer à l’état d’enfant-soldat et de ses jeux de bouts de bois passer à ses jeux de kalachnikov…Sur le papier on frémit, mais en tant que spectateur on se réjouit de ce voyage peuplé de personnages contrastés, de musiques et de danses africaines, de traditions perpétrées, de religions mélangées, un beau voyage qui pourtant nous mène jusqu’au bout de l’enfer des guerres tribales. Patrick Schmitt s’est risqué à l’adaptation du roman de Ahmadou Kourouma en prenant soin de conserver l’essence du texte et l’esprit de l’œuvre. Il signe une mise ne scène claire et s’appuie avec raison sur son personnage principal interprété par Sidoine Biagui. Ce jeune comédien
joue avec un naturel remarquable les différents épisodes de son enfance puis adolescence. Un rien sauvage, il apostrophe, il caracole, il danse et son sourire espiègle illumine le plateau, quand il quitte la scène pour revenir en enfant-soldat, son regard n’est plus le même, la lumière s’est violemment tintée d’ombres, il devient arrogant, dur, une étrange transformation qui glace le cœur et ouvre les consciences…
Famara Sagna s’immisce avec délice dans toutes les facettes de Tiécoura et la troupe Bou-Saana joue avec plaisir et énergie.
Si Allah n’est pas obligé d’être juste dans toutes ses choses, nous ne sommes pas obligés de fermer les yeux…Donc à voir absolument  ! (dernière représentation à Avignon ce soir)
Sophie Bauret, Le Dauphiné Libéré Vaucluse Matin le 13/09/2003

« Les comédiens de la troupe Bou-Saana ont joué une pièce poignante, intitulée « Allah n’est pas obligé ». Ils ont su aborder avec un professionnalisme déroutant le texte de Ahmadou Kourouma, l’un des plus grands écrivains africains contemporains, qui s’est attaqué à un thème à la fois cynique et bien réaliste : les enfants soldats…Mise en scène par Patrick Schmitt, cette adaptation du roman de Kourouma (ndlr : prix Renaudot 2000) sombrait dans une atmosphère gênante et violente. Les cinq comédiens ont su refléter à la perfection cet univers perfide, où s’entremêlait dérision et gravité.
Marie Bulteau, Le Républicain (France) le 11/09/2003